Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 17:18

 

Un très bon article trouvé sur le net, identifiant selon moi de manière judicieuse les causes de la boulimie et les manières d'en sortir.

 

" Elégantes, souriantes, exerçant souvent un métier valorisant, les femmes souffrant de boulimie savent cultiver les apparences du bien-être. Mais leurs crises de fringale, vécues en secret, traduisent une immense détresse. A l'origine de ce mal de vivre, un sentiment de manque affectif remontant à l'enfance.
Si elles avaient un cri de ralliement, ce serait "SOS maman!".


« 
Elles sont obsédées par leur image, qu'elles veulent parfaite. C'est pourquoi elles soignent leur présentation, travaillent avec acharnement et affichent une compétence sans faille. Dissimulant leurs points faibles et leurs émotions, elles donnent l'impression d'être sûres d'elles. Mais, intérieurement, elles se sentent incompétentes et indésirables. Leur silhouette, qui ne correspond jamais à l'idéal qu'elles ont en tête, est l'objet de préoccupations constantes. Contrairement à une idée reçue, les femmes atteintes de boulimie ne sont pas grosses. Et pour cause: ces championnes des régimes en tout genre vont jusqu'à recourir aux grands moyens pour éviter les conséquences de leurs orgies de nourriture: certaines se font vomir, d'autres recourent aux laxatifs, au jeûne prolongé ou au sport à outrance.

 

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On pourrait comparer la vie d'une personne boulimique à une lutte de tous les instants dont les seules défaillances se traduisent par ces crises de frénésie alimentaire, vécues en cachette. Une femme boulimique cache sa souffrance et sa honte. Plus elle a honte, plus elle se sent seule. Parler de tout cela lui semble impensable: après un tel aveu, comment pourrait-elle encore sauver les apparences?
Si l'on s'en réfère aux estimations de spécialistes sur le plan mondial (étude Fairburn et Beglin, 1990), une femme sur cent souffre de boulimie. La dépendance alimentaire, à l'alcool ou aux drogues est considérée tantôt comme un symptôme dépressif, tantôt comme un moyen de lutter contre la dépression. Comme le montre une étude réalisée sur plusieurs années auprès de 900 adolescents (G.Leon, 1993), le principal facteur de risque lié aux troubles alimentaires est la difficulté à identifier et à maîtriser différents sentiments négatifs. Lors de conflit, par exemple, les filles souffrant de boulimie sont incapables de dire si elles ressentent de la déception, de la colère ou de l'angoisse; elles perçoivent un désordre affectif diffus qu'elles cherchent à surmonter en se jetant sur la nourriture. Elles sont également insatisfaites de leur propre corps, dont elles ne comprennent pas les sensations et les signaux.
[...]

 

 

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[Dans la boulimie], les troubles alimentaires comme un symptôme, sont important certes, mais secondaire par rapport à la nature du mal. D'où l'étonnement de Bénédicte, 31 ans, lorsqu'elle est allée consulter avec l'idée de trouver de l'aide... pour maigrir:
"J'avais déjà souffert de boulimie à l'adolescence, puis cela m'a repris dix ans plus tard, à une période de ma vie où j'étais triste, même désespérée. J'ai essayé de lutter seule pendant un an et demi. Puis je suis allée voir un médecin, qui m'a prescrit des coupe-faim. Il m'avait également donné les coordonnées d'une association de boulimiques, mais je ne l'ai pas contactée: pour moi il était tout simplement inconcevable d'évoquer mon problème en public. Le coupe-faim, bien sûr, n'a rien résolu. Je ne voyais plus d'issue. C'est une annonce dans le journal qui m'a décidée à consulter une thérapeute. "Lorsque je suis allée la voir la première fois, j'espérais trouver une solution miracle. Mon objectif était de perdre du poids. J'ai d'abord été surprise en voyant que la nourriture n'était pas au centre de notre discussion. La thérapeute m'a fait remarquer qu'avant de vouloir maigrir, il fallait que je songe à régler certains problèmes dans ma tête. Pendant plusieurs semaines, j'ai tourné en rond. Je n'osais pas me confier, je n'arrivais pas à me débloquer.

 "J'ai mis longtemps à comprendre le lien qui existait entre ma boulimie et mes relations avec maman. Ma mère ne m'a jamais demandé d'être une petite fille parfaite, elle n'a pas fait pression ouvertement sur moi. Mais c'était implicite. Je me disais que pour être aimée d'elle, il fallait que je sois idéale. A partir de là, tout au long de ma vie, j'ai voulu donner une certaine image de moi. Je cherchais à plaire aux autres sans exprimer ce que je ressentais rééellement. Lorsqu'on me demandait quelque chose, je ne savais pas dire non. Je n'avouais pas mes faiblesses. Je n'acceptais pas mon corps, qui ne correspondait pas à l'idée que je me faisais de la perfection. J'ai fait des choses incroyables. Après les crises de boulimie, je jeûnais. J'ai essayé toute la panoplie des régimes. J'étais convaincue que mon bonheur dépendait de mon apparence.

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" Cette habitude que j'avais prise de jouer un rôle sans jamais révéler mes vrais sentiments a eu des répercussions sur ma vie affective et professionnelle. Je ne parvenais pas à m'affirmer. A l'époque où je suivais cette thérapie, je travaillais comme chef de service. Une autre entreprise m'a proposé un poste nettement plus intéressant. Autrefois, j'aurais refusé cette offre, afin de ne pas décevoir mon employeur et de ne pas lui causer de difficulté. Mais là, j'ai osé dire que j'avais envie de partir, que je serais plus heureuse de travailler ailleurs. J'ai dû faire un effort sur moi-même pour dire ce que je pensais. Mon employeur n'était pas content que je démissionne et me l'a bien fait sentir. N'empêche que je suis très satisfaite de ma décision: non seulement mon nouveau travail me plaît, mais je viens d'être nommée cadre supérieur.

" Aujourd'hui je suis guérie. Je n'ai plus de crise de boulimie et j'ai même perdu du poids sans m'en rendre compte. J'apprends à me montrer telle que je suis. Mais j'ai encore des choses à apprendre, et j'ai décidé de continuer ce travail sur moi-même."

 

Gestalt-praticienne, Sophie Poget** a mis en place un groupe de thérapie pour boulimiques, parallèlement aux consultations individuelles. Elle connaît bien le sujet: cette mère de deux enfants est une ancienne boulimique. "Mon expérience personnelle m'a aidée énormément. La boulimie est la matérialisation d'un malaise qui pourrait aussi bien se traduire par une prise abusive de médicaments, par l'alcoolisme ou la toxicomanie. Dès qu'on est en proie à une difficulté, au lieu de noyer ça dans l'alcool, on le noie dans la nourriture.
"Chez les boulimiques, on constate une déconnexion entre la tête et le corps. A force de se demander ce que les autres attendent d'elles, elles perdent le contact avec leurs émotions et avec leurs besoins. Elles raisonnent en se disant "il faut" ou "je dois", des injonctions qui sont souvent le produit de l'éducation. 

 

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"Il est frappant de constater que toutes les personnes boulimiques souffrent d'une difficulté relationnelle avec leur mère. On en revient à la question de l'image, celle de la gentille petite fille qui, de peur de ne plus être aimée de sa maman, tait ses sentiments négatifs et s'oblige à être première de classe. Devenue grande, la petite fille continue à être la gentille qui réussit professionnellement. Ces femmes ont toutes de bons métiers, elles sont ingénieur, infirmière, directrice de marketing, secrétaire de direction. Qu'elles aient 15 ou 45 ans, leur boulimie est toujours en rapport avec maman. On n'en parle pas, parce qu'ils sont moins nombreux, pourtant il existe des hommes boulimiques; eux aussi ont un problème avec leur mère.


Attention aux mauvaises interprétations: cela ne veut pas dire que la mère est responsable de la boulimie de son enfant, mais qu'un malentendu s'est installé entre l'une et l'autre. L'enfant avait face à sa mère, un certain nombre de besoins ou d'attentes qu'il n'a pas su ou osé formuler, et qui n'ont pas été comblés. De son côté la mère n'a pas été en mesure, en raison de sa personnalité ou parce qu'elle n'a pas compris les attentes de son enfant, de répondre à ses désirs. Cette méprise peut durer des années: aussi longtemps, en fait, que le dialogue n'est pas engagé.

 


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Parvenir à dialoguer avec sa mère, en disant ce qu'on a vécu et comment on l'a ressenti,est l'un des chemins vers la guérison. Il ne s'agit pas du tout de l'accuser, mais d'exprimer ses besoins humblement, sans la blesser. D'oser lui dire: "Voici comment je suis réellement. Je ne suis pas la fille forte que tu souhaitais." C'est ainsi qu'on parvient à s'accepter, et à accepter l'autre. C'est le résultat de tout un travail. On n'y parvient pas du jour au lendemain après avoir gardé le silence si longtemps. Mais un jour on se rend compte qu'on est prête, qu'on peut parler à sa mère en restant en contact avec ses sentiments réels, et accepter sa mère comme elle est, sans s'accrocher à ses rêves de petite fille. La clé, l'acceptation avec un grand A : reconnaître que maman m'a donné ce qu'elle a pu, en fonction de qui elle est. A partir de là il s'établit un contact et un partage authentique entre la mère et la fille. Je crois vraiment que la simplicité et la sincérité sont nos meilleures armes. Quelqu'un qui dit simplement comment il fonctionne et de quoi il a besoin désarme son entourage. C'est valable pour toutes les relations humaines, sur le plan privé ou professionnel.
"On ne change pas le passé, mais on peut le considérer autrement. Une personne boulimique a en soi un mur, constitué de tous ses malaises, de tout ce qu'elle a accumulé et qui l'a progressivement coupée du monde. Plus les années passent, plus le mur la fait souffrir. Au bout d'un certain temps, cela devient tellement insupportable qu'elle éprouve le besoin de casser ce mur. Après l'avoir détruit, elle peut regarder ce qui se cache derrière et commencer un travail sur soi. Elle ne va pas jeter les briques, parce qu'elles représentent son passé et font partie de sa vie. Mais quand elles seront par terre, elle pourra les prendre, les observer pour ce qu'elles sont, et les disposer différemment, de manière à pouvoir vivre en harmonie avec son passé, en aménageant des ouvertures vers le monde extérieur."

Marlyse Tschui

Par Douchienka - Publié dans : Boulimie - Communauté : Régimes - Nutrition - TCA
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 10:09

 

 

Une éternité que je n'ai pas écris sur ce blog. Beaucoup de commentaires que je viens juste de découvrir. J'ai beaucoup changé et mûrie. Je vais avoir vingt-sept ans en février. Je porte sur mon anorexie et ma boulimie un regard serein et calme. Cela a été une période de ma vie terrible mais utile pour la personne que je suis devenue aujourd'hui. Dans un commentaire quelqu'un me demandais si je pensais sérieusement que c'est l'amour qui m'avais sortie de mon mal. La réponse est non. Ce qui vous sort de l'anorexie-boulimie, qui est avant tout un mal psychologique (je ne le répéterais jamais assez), c'est de trouver la paix en soi. De comprendre le déclenchement du mécanisme qui nous pousse vers le suicide de notre chair et de notre âme.

 

J'ai suivi une psychanalyse... C'est cela qui m'a ouvert les yeux. Et ça été dur. Plonger aux racines du mal, accepter ce que l'on pense innacceptable, réfléchir, analyser, chercher, pleurer et enfin se trouver libérer. Il m'a fallu du temps avant de pouvoir parler de tout cela. Une psychanalyse, si vous là suivait assidûment, peu lors de sa fin, vous laisser sonné pendant un certain temps. 

 

 Aujourd'hui je suis prête à me confier, pour toutes ces jeunes filles, femmes, hommes, qui souffrent en silence à cause d'Anna et Mia. Encore une fois je vous dédie ce blog et vous le répète: on peut venir à bout de cette pathologie !
 
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Par Douchienka - Publié dans : Guérir de la maladie - Communauté : Régimes - Nutrition - TCA
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Douchinka

Présentation

Ce blog se veut une lueur  d'espoir destinée a éclairer le chemin de toutes les personnes qui traversent directement ou indirectement la longue nuit de l'anorexie. Je vous le destine.
Je m'appelle Natacha et j'ai 26 ans. J'ai connu l'enfer de l'anorexie- boulimie et j'en suis sortie victorieuse.
VICTORIEUSE. Car oui, même si la maladie est terrible on peut s'en sortir.
Ce blog raconte mon parcours de ma chute à ma guérison. Il se veut le plus objectif et optimiste possible. 
Il n'a aucune visée scientifique et ne se prétend pas infaillible. Il essaye dans la limite du possible d'éclairer sur les causes de l'anorexie d'une part et de tenter de donner de l'espoir aux malades d'autres part.Tels sont les deux buts que j'espère modestement atteindre.
Douchinka est un diminutif russe  qui signifit "petite âme".
Vous qui lisez ce blog écoutez la petite âme qui dit : l'anorexie n'est pas invincible, elle peut être vaincu ! 

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