Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 13:02





Légère comme une plume,
Mes yeux de demi-lune
se posent avec amertume
sur le monde et sa brume

Consommation
Refus des conditions
Resterai une enfant
Dans un monde innocent


Petite fée psychédélique
Petite fée anorexique
N'aime ni homme ni femme
N'aime que son corps diaphane


Serai la brindille
De la forêt qui brille
Loin des lendemains incertains
de tout un chacun

Mon corps enfant
S'envole avec le vent
Vers un endroit vaporeux
Laissant nombre de malheureux

Petite fée psychédélique
Petite fée anorexique
N'aimait ni homme ni femme
N'aimait que son corps diaphane

Douchienka. Le 8 mai 2007.




Par Douchienka - Publié dans : Poème - Communauté : Utopia
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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /Mai /2009 13:10



Hôpital. Murs blancs. Un médecin jeune me regarde ému. Il parle je ne comprends pas ce qu’il me dit. Je suis dans un état second comme dans un autre temps, un autre espace. Une infirmière m’a mis un bandage sur mon poignet sanguinolent. Maman à côté pleure.
Elle raconte au jeune médecin qui me regarde. Je n’ai aucune réaction.

Longue attente. Epuisement. Peu à peu je reprends mes esprits, prend conscience de ce que j’ai fait. On m’emmène avec mes parents  dans un autre service. Nous attendons encore. La nuit tombe. Au loin j’entends une personne qui pousse un hurlement de bête blessée. Je sursaute. Nouveau médecin, jeune. Ecoute le discours de maman et papa. Je suis majeure. Je peux repartir avec eux ou être hospitalisée. Je veux repartir avec eux. L’endroit me terrifie. Je sursaute à nouveau. Nouvel hurlement. Le jeune médecin me regarde droit dans les yeux. Il ne fait aucun doute qu’il veut mon hospitalisation. ‘C’est pour ton bien’ déclare t il. Pour mon bien ? Comment peut il le savoir ? Qu’est ce qu’il sait de mes problèmes ? Je lui fais croire qu’il n’y a pas de problème. Il me fait la remarque que dans ce cas je ne me serais pas ouvert le poignet droit… Je garde le silence. Mes parents sont épuisés. Je capitule. Accepte l’hospitalisation, signe un papier. Je suis lasse.

« Ce ne sera pas long… » promet le jeune médecin.

On me transfère dans un service.




Une anorexique chez les dépressifs

 
Beaucoup d’adultes, peu de jeunes. Ma voisine de chambre est taillée comme une armoire normande. Elle a perdu ses moyens lorsque son mari l'a quittée.

 Il y a une femme dans un fauteuil roulant, elle est vieille. Elle ne s’exprime qu’en geignant. Elle ne peut pas manger seule, ou alors elle bave et s’en met partout.

Un grand tunisien. Environ mon âge, son regard semble égaré. Très loin.  Il parle très lentement, et se déplace avec autant de lenteur.

Une vieille femme totalement sous l’emprise  des médicaments, pénètre un soir dans ma chambre et me demande ce que je fais dans son lit. Les infirmières s’excusent, lui font quitter la pièce. 

Le lendemain c’est le tunisien qui vient frapper à ma porte. « Tu es jolie. Je peux entrer dans ta chambre ? » me demande- t-il totalement amorphe. Je le repousse gentiment, avec un calme qui me surprend. Je préviens les infirmières.

« Ne vous inquiétez pas, il n’est pas méchant surtout avec la dose qui lui est prescrite ».

Bienvenue au service des dépressifs !

. Qu’est ce que je fabrique ici ? Je souffre de troubles du comportement alimentaire avant toute chose ! Pourquoi ne me met on pas dans un service adapté ?

Je découvre alors que dans ma ville, il n’existe qu’un seul service pour anorexique- boulimique. Et que dans ce service, il n’y aura pas de lits de libre avant six mois, c'est-à-dire fin septembre, tant il y a de demandes. L’anorexie mentale n’est pas une pathologie que l’on sait bien traiter… Il y a peu de moyens.




La psychiatre que je rencontre me le confirme. Les autres centres sont à Paris ou en Bretagne et les places coûtent très cher. Si l’on m’a placé ici c’est pour me protéger de moi-même avant toute chose mais pas pour traiter l’anorexie mentale…

Je reste assise sur mon lit, rumine des idées noires. ANA-MIA  est là en moi. Un jour l’une, un jour l’autre. Je me sens terriblement seule et abandonnée. Alors personne ne peut m’aider ? La seule chose dont ils sont capables c’est de me bourrer de cachets qui m’endorment ? Je pleure.

Je comprends… Je comprends. La seule personne qui peut tuer le monstre qui me ronge le cerveau c’est moi. Tout le monde est impuissant car personne ne peut savoir ce qu’il se passe dans ma tête. Je suis David. Ma maladie c’est Goliath. Dans l’histoire David gagne. Alors je gagnerai.

Et je  ne sais pas encore combien la lutte va être longue et douloureuse.

 

Le garçon anorexique.


Il est arrivé dans le service. Le corps semblable à un fantôme, les lèvres gercées, pliées en une moue fixe, le regard un peu éloigné par la tristesse.

Je le sais immédiatement à sa manière de manger : il est anorexique. Cela se voit, je le détecte à vue d’oeil.

 ‘Toi aussi tu es là à cause d’elle ?’

Je me retourne. Je regardais par la fenêtre d’un couloir, mélancolique.

Le garçon anorexique se tient en face de moi. Il m’observe.

J’esquisse un pauvre sourire et lui montre mon poignet droit, endroit où les deux belles entailles au couteau sont très visibles.

On s’assoit, dans la salle de détente et on parle.



Il s’appelle Raphaël, il a dix-neuf ans. Il a souffert d’anorexie mentale pendant deux ans. Et puis la boulimie est arrivée, envahissante, dévorante. Les crises de boulimie, il les a bien connues. D’abord toutes les semaines, puis tous les trois jours, et tous les jours. Il me raconte cette impression de gavage, cette honte insupportable d’avoir perdu le contrôle, ce besoin de se ‘purifier’ dans les toilettes. Ses dents ont commencé à être attaquées par l’acide gastrique. Ses parents ne le comprenaient pas et le prenaient clairement pour un dingue. Un jour ce fut la crise de trop. A bout de nerfs il a voulu mettre fin à ses jours et a avalé de la mort aux rats.

Il est arrivé à l’hôpital dans le coma. On lui a fait un lavage d’estomac. On l'a sauvé.

A son réveil, il était attaché dans son lit. On l’avait transféré dans le service des malades mentaux, juste en dessous du notre. Erreur ? Il ne m’en a pas dit plus si ce n’est qu’en dessous, il a vu des choses horribles. Ses parents ont réussi à le faire transférer ici. Il se tait.

Nous retournons dans nos chambres respectives. Nous ne parlerons plus jamais ensemble, mais dans les couloirs, lorsque nos regards se croiseront il y aura cette complicité. La complicité des gens qui savent, des gens qui ont dérapé à cause d’ANA - MIA  mais qui connaissent finalement le prix de la vie et qui veulent se battre, peu importe l’issue.

Un jour, il fait ses affaires et repart chez lui.

Un visage familier est passé…

 

Chopin.

Je suis fatiguée par les médicaments. On me fait passer des tas d’examens médicaux. Je rencontre une gynécologue qui me balance dans les gencives que j’ai de fortes chances d’être stérile à cause de mon amhénorée. Je suis asexuée…

 Je pleure en silence. Ma mère vient me voir tous les jours. Elle est mon seul soutien quotidien dans ce service qui me fait de plus en plus horreur.

Et puis… Et puis arrive Chopin.

Dans le service on m’aime bien. On me trouve jolie, je suis timide, effrayée comme une enfant. Je mange tel  un moineau, dégoûtée par le contenu des plats que l’on me sert, dégoûtée de manger avec d’autres dans la salle à manger.

L’un des patients, Thomas, la cinquantaine, adopte une attitude très paternelle à mon égard. Je prends l’habitude de manger avec lui. Il ne me pose pas de question et ne me critique pas si je ne mange pas assez. On parle un peu. Sa femme l'a quitté, sa fille s’est éloignée de lui. Il aime la musique. Il a fait beaucoup de piano plus jeune.

Sa chambre à côté de la mienne. Une mélodie jouée au piano s’échappe de son petit poste de CD. Je m’approche, bouleversée. La mélodie me transporte, me donne la chair de poule. J’y retrouve toute une partie de mon âme slave.



Je frappe à la porte. Thomas m’ouvre. Je m’excuse, lui demande qui joue. Schuman ? Il sourit et prononce le nom de Frederik Chopin. Il me passe le CD, un mélange des meilleures mélodies du pianiste.

Chopin devient ma drogue dans ce service de dépressifs. Ma mère m’apporte d’autres CD de lui. Je l’écoute à chaque moment de pause. Il me redonne espoir et force. Pour me défouler de ma tristesse j’écoute la marche funèbre jouée par Rachmaninov. Pour reprendre de l’espoir j’écoute ses valses.

Tous ses morceaux sont prétextes à me retrouver. Sa joie, sa mélancolie et la force soudaine qu’il exprime dans chacune de ses œuvres, me rappellent mon caractère, mon âme. Et Chopin était Polonais et Lorrain, tout comme moi. Chopin devient ma lueur, mon radeau, mon compagnon quand je suis seule, loin de ma mère, loin de tous. 

Chopin est le premier à m’avoir fait sentir à nouveau ce que le mot ‘vivre’ voulait dire.

Mon cher Chopin…

 

 

 

 

Par Douchienka - Publié dans : Mon histoire
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 16:34



Article extrait du site 'Tout pour les femmes .com' par Ariane Grumnbach.



"Le 6 mai, c’est la Journée Internationale sans régime. L’objectif : dénoncer l’obsession de la minceur et inciter à retrouver un bien-être personnel.
   


De quoi s’agit-il ? Cette journée sans régime a été initiée en 1992 par une Britannique, Mary Evans Young, ancienne anorexique, qui voulait dénoncer la dictature de la minceur à tout prix et les régimes associés.

La Journée sans régime s’est progressivement répandue dans de nombreux pays où elle est célébrée chaque année le 6 mai : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Canada, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Norvège, Russie... et la France depuis 2003. C’est le International No Diet Day dans les pays anglophones, la Journée Internationale sans Diète (JISD) au Canada, et la Journée Internationale sans Régime en France (JISR). En France, le G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le surpoids) et Allegro Fortissimo, entre autres, soutiennent cette journée.

Il s’agit pendant cette journée de dénoncer l’inefficacité des régimes, les dangers liés à l’obsession de la minceur et les préjugés dont font l’objet les personnes en surpoids. Cette journée voudrait amener les femmes, si nombreuses à faire et refaire des régimes, à y réfléchir et peut-être à comprendre le mal qu’ils leur font, aussi bien à la tête qu’au corps. Il s’agit aussi de sensibiliser les jeunes filles pour qu’elles disent non au premier régime, début très souvent d’un long engrenage et souvent dû à quelques rares ou imaginaires kilos en jugés en trop.




 

Pourquoi ne pas faire de régime ? Au début d’un régime, effectivement on maigrit, tout le monde ou presque y arrive, au prix de privations. Mais ensuite, dans la quasi-totalité des cas, on regrossit. On pense que c’est juste une question de volonté, donc on recommence et on entre dans une suite sans fin de perte et reprise de poids, le fameux effet« yoyo », plus dommageable pour la santé que quelques kilos en trop. Et, après tous ces régimes, on a finalement un poids bien supérieur à celui dont on était mécontente au départ.

Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas perdre du poids mais il s’agit de travailler sur son comportement alimentaire, de manger de tout avec plaisir, de comprendre ce qui fait manger sans faim, pour atteindre son poids d’équilibre qu’on maintiendra sans effort, mais qui n’est pas forcément le poids rêvé entretenu par les images des magazines.

Cette année, justement, le groupe canadien Equilibre, très actif et engagé sur le thème du poids et de l’alimentation a choisi d’animer au Québec des actions sur le thème "Place à la diversité corporelle". L’idée est d’inciter les femmes et les jeunes filles à remettre en question le modèle unique de beauté ultra-mince présenté dans la mode et les medias et à se soucier de leur bien-être quel que soit leur poids. Cela est en résonance avec les débats d’il y a quelques mois autour du projet de charte pour la diversité corporelle.

Alors, mercredi 6 mai, faites-vous plaisir, mangez à votre faim ce que vous aimez et demandez-vous si vous n’auriez pas envie de faire ça tous les jours !"






Par Douchienka - Publié dans : Revue de presse
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Douchinka

Présentation

Ce blog se veut une lueur  d'espoir destinée a éclairer le chemin de toutes les personnes qui traversent directement ou indirectement la longue nuit de l'anorexie. Je vous le destine.
Je m'appelle Natacha et j'ai 26 ans. J'ai connu l'enfer de l'anorexie- boulimie et j'en suis sortie victorieuse.
VICTORIEUSE. Car oui, même si la maladie est terrible on peut s'en sortir.
Ce blog raconte mon parcours de ma chute à ma guérison. Il se veut le plus objectif et optimiste possible. 
Il n'a aucune visée scientifique et ne se prétend pas infaillible. Il essaye dans la limite du possible d'éclairer sur les causes de l'anorexie d'une part et de tenter de donner de l'espoir aux malades d'autres part.Tels sont les deux buts que j'espère modestement atteindre.
Douchinka est un diminutif russe  qui signifit "petite âme".
Vous qui lisez ce blog écoutez la petite âme qui dit : l'anorexie n'est pas invincible, elle peut être vaincu ! 

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